Chapitre 39 - Entrevue avec le prince

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Chapitre 39 - Entrevue avec le prince

Message par Lyne le Mer 3 Mai - 13:36


Chapitre 39
Entrevue avec le prince

 
 
Une mine dépitée s'imprima sur le visage de Maelyss, tandis qu'elle quittait une bijouterie. C'était la cinquième qu'elle visitait Et aucune trace du collier qu'elle avait repéré deux jours plus tôt... Ils n'avaient pas vendu tous les colliers quand même ? Un soupir s'échappa des lèvres de la jeune femme alors qu'elle s'éloignait de l'enseigne du bâtiment. Allez à l'autre boutique, ils l'ont sûrement encore ! Qu'il disait... Pff, ce n'était même pas la peine de demander des renseignements à l'un de ces vendeurs, il lui dirait exactement la même chose que les autres. Qu'allait-elle offrir à sa mère dans ce cas ?
 
Inutile de lui acheter des boucles d'oreilles, elle ne les mettait pas. Très rarement. Ou toujours les mêmes... Un assortiment de rouges à lèvre peut-être ? Elle aimait bien ça ! Non, du rouge à lèvre c'était franchement moyen comme présent. Une trousse de maquillage ? Elle ne se maquillait presque pas. Un panier regroupant plusieurs produits de beauté ? Elle n'avait pas déjà fait ça il y a quelques années ? Elle n'allait tout de même pas lui ressortir ça... La métisse se mordit la lèvre inférieur tandis qu'un soupir désespéré trouvait le chemin de ses lèvres. C'était trop bête !
 
Pourquoi n'avait-elle pas suivit son intuition en prenant le collier comme elle l'avait pensé au départ ? C'était ce bijou qu'elle voulait et pas un autre. De quoi avait-elle l'air à présent ? Elle ne pouvait décemment pas débarquer à son anniversaire sans cadeaux. Pour peu qu'elle s'y rende réellement... Goten lui avait déjà demandé de venir. Mais elle hésitait. Certes, la relation entre elle ses frères avait quelque peu évolué depuis ces dernières semaines. En particulier avec son petit frère. 
 
Mais c'était loin d'être suffisant. Voir un peu plus l'un ou l'autre de ses frères séparément était devenu faisable. Mais se retrouver dans la même pièce qu'eux toute une journée avec en prime ses parents et les souvenirs qui allaient avec... cela lui paraissait nettement moins envisageable - pour ne pas dire suicidaire -, compte tenu de ce qui s'était passé la dernière fois lorsqu'ils avaient tous été réuni.

Se quereller une nouvelle fois avec sa famille était la dernière chose dont la Saiyanne avait besoin. Elle n'avait aucune envie de revivre cet épisode. Oh, elle savait pertinemment qu'elle ne pourrait pas les éviter indéfiniment et qu'elle devrait tôt ou tard avec une vraie discussion avec eux. Mais elle ne se sentait pas encore prête pour ça. Et puis... elle commençait tout juste à renouer avec son cadet. À ce stade encore fragile, de leur relation, - si l'on pouvait réellement la nommer ainsi -, mieux valait ne pas brûler les étapes...

La guerrière évolua à travers les ruelles de la capitale sans trop savoir où aller, sous un ciel bleu intense. L'air s'était bien réchauffé depuis ce début d'après-midi. Le thermomètre dévoilait à présent 28 degrés. Attiré par cette belle atmosphère de début d'été, les étudiants et autre travailleurs en période de congé, s'étaient précipité sur les terrasses des café ou sur les bancs publics des parcs pour s'octroyer une petite collation ou une boisson rafraichissante. Maelyss contourna une petite ruelle, puis s'arrêta devant l'un des grands parcs de la capitale.

Une mine nostalgique se tissa sur son visage lorsque son regard se posa sur les balançoires situées à la place de jeux des plus petits. Tayrun l'emmenait souvent à cette dernière lorsqu'elle avait fait son premier long séjour sur la planète... quelques mois après la disparition de son père, lorsque sa mère s'était résignée à la confier aux soins de l'une de ses éducatrices Vergassienne. Elle adorait ces balançoires. Elle passait tout son temps dessus lorsqu'elle n'avait pas école. Sa préférée était celle de gauche, la plus basse des trois.

 Il faut dire qu'elle affichait un bien petit gabarit à cette époque. Heureusement, la la puberté avait largement remédié à cet inconvénient. Enfin, lorsque le mage était absent, c'était Ayaaà qui se chargeait de l'y emmener. Qu'est-ce qu'elle en avait passé de bons moments là-bas avec elle ! Des instants de détente et de pures rigolades. L'innocence de la jeunesse... 

— Hey, regarde ça ! Un épouvantail avec une glace ! se moqua une Vergassienne.

— Ouais, t'as raison, ça devrait même pas exister, ah, ah ! renchérit son amie.

Le gloussement des deux jeunes filles sorti brusquement Maelyss de ses pensées. La Saiyanne tourna la tête dans leur direction. Ses yeux s'écarquillèrent légèrement à l'instant où elle aperçut l'objet de leur moqueries. Une Majin. Une Djinn quelque peu enrobée à la peau rose fuchsia, habillée d'un pantalon pourpre et un haut jaune à bretelles. Il était vrai que son look, - loin des uniformes traditionnels des Majins -, laissait quelque peu à désirer. En particulier pour les couleurs, un peu trop voyantes au vu de la couleur de sa peau déjà, très flashy. Mais tout de même ! Ce n'était pas une raison pour se moquer ouvertement ! 

— Qu'est-ce qui prend le plus de place à ton avis ? Elle ou sa glace ? lança la première magicienne en désignant la gigantesque glace entre les mains de la démone. 

— Les deux, ah, ah !

Les yeux de la Majin rose se tournèrent en direction des deux adolescentes, alors que la colère affluait dans son esprit. Mais elle ne répondit pas à la provocation, préférant s'occuper de sa dégustation. Et puis, une moquerie de plus ou de moins, elle n'était plus à ça près. Et ces filles ne valaient pas la peine qu'elle s'énerve. Une réaction qui n'échappa pas à Maelyss, indignée face à un tel manque manifeste d'éducation.  Les Djinns étaient connu pour avoir une sacré répartie. Alors, pourquoi ne leur répondait-elle pas ? La jeune femme plissa les yeux. Genïe avait raison. 

Les Vergassiens se comportaient de manière étrange depuis quelques temps.  En particulier avec les Majins. Que leur arrivait-il ? Certes ils n'étaient pas toujours des modèles de bonté. Certains d'entre eux affichaient même une attitude hautaine et méprisante... Mais de là à s'en prendre à des Djinns... il y avait des limites. Cela ne leur suffisait-ils donc pas se se crêper le chignon entre eux. Il fallait en plus qu'ils mêlent les Majins à leur histoire de supériorité.  Pathétique... pensa la métisse en fixant les deux étudiantes.

— Petites merdes... se dit-elle en dévisageant les Vergassiennes. 

Ses yeux s'écarquillèrent subitement lorsque ces dernières se changèrent en amas de crottins. Une légère grimace se peignit sur le visage de Maelyss. Aïe, maintenant ce pouvoir s'activait même pas la pensée... Il valait mieux qu'elle s'en aille avant que l'on découvre que c'était elle qui avait fait ça. La fille de Gokû se mordit la lèvre inférieure, puis poursuivit son chemin comme si de rien n'était. Mais alors qu'elle arpentait une ruelle aux pavés multicolores, un bruit raisonna derrière elle. Maelyss fit volte-face.

Un Majin se tenait face à elle. Un Majin avec un bébé dans les bras pleurant à chaudes larmes... et un gros paquet de couches gisant sur le sol aux pieds du démon. Le père maintienu fermement l'enfant contre ses côtes. Il voulut agiter sa crête pour faire venir le sacs de langes à lui, mais la fille de Gokû le devança. 

— Merci, fit le Djinn en souriant tout en saisissant la poignée maintenant le paquet. 

— De rien, répondit Maelyss en esquissant elle-même un léger sourire. Coucou, toi ! ajouta-t-elle à l'intention du bébé qui gémit de plus belle en agitant sa main droite avant de la frotter à sa joue.

— Oui, je sais que t'en as marre, on va bientôt rentrer... assura le jeune père. C'est dingue, ça fait dix minutes qu'il pleure et je n'arrive pas à le calmer...

— Eessayez de le secouer légèrement en faisant chuuut !


— Oh...  là, là... chuuut, calme-toi... s'exclama le Majin en appliquant les conseils de la métisse. Quelques secondes plus tard, le mouflet cessa de pleurer comme par magie. Wah ! J'avoue que j'y croyais plus ! Comment saviez-vous que ça fonctionnerait ?

— En général ça les rassurent et les apaisent lorsqu'ils sont dans cet état, indiqua la Saiyanne. Du moins, ça marchait pour Goten... nota-t-elle pour elle-même.

— Merci beaucoup ! C'est mon premier enfant, je ne suis pas encore tout à fait habitué à ce qu'il faut faire... confia-t-il. Vous avez des enfants ?

— Euh non... sourit Maelyss.

— Ah ? Je suis sûr que vous serez une très bonne maman !

— C'est gentil. Bon... au revoir...

— Eh, et mon paquet ? lança le Djinn en indiquant le sac de couches que la guerrière allait emporter avec elle sans s'en rendre compte.

— Oh pardon ! Tenez ! dit-elle en tendant ce dernier au jeune père. Bonne journée ! acheva-t-elle avant de s'en aller...




A plusieurs kilomètres de là, au palais du prince Jaï.



Le soleil se couchait peu à peu, peignant de rose et d'orange l'horizon. Une nouvelle journée bien chargée venait de s'achever pour le prince des Majins. Et il avait hâte de faire une petite visite surprise à Maelyss afin de l'inviter à se joindre à lui pour dîner. Ils se côtoyaient depuis plusieurs semaines déjà. Et plus le temps passait, plus il sentait sentait proche de la Saiyanne. L'envie de lui dévoiler ses sentiments à son égard lui brûlait les lèvres depuis longtemps. Et ce soir, il espérait avoir enfin le courage de le lui avouer... Mais pour l'heure, il lui restait une chose à faire avant d'être totalement libre... 

Prendre Buu sous son aile et en faire un Gardien convenable, telle fut la mission que son créateur lui avait donné. Une chose qui ne tenait sans doute pas autant à coeur à Jaï qu'à Tayrun, mais qu'importe. Il avait d'ailleurs déjà commencé quelques jours plus tôt. Une séance hélas, très vite écourtée en raison de la forte non collaboration de la part du démon. Jaï était un Majin très observateur. Et avait très vite compris qu'avec le Djinn, il devrait user de toute sa patience et de sa pédagogie s'il voulait arriver à quelque chose avec ce dernier. Une tâche qui au vu de l'échec de la première entrevue, s'annonçait encore plus difficile. Mais Jaï ne s'avouait pas vaincu pour autant. Des Djinns récalcitrants, il en avait vu des tonnes. Et ce n'était pas celui-ci qui l'emporterait sur lui.

— Votre altesse, Buu est arrivé ! annonça Muun en pénétrant dans la grande salle à manger du palais.

— Bien, fais-le entrer !

Le Garde s'exécuta, laissant place au Djinn rose qui s'avança dans la pièce.

— Bonjour Buu, je suis ravi que tu sois venu.

— Sois bref, j'ai d'autres choses à faire que d'écouter tes stupides discourt. 

— Muun, tu peux disposer à présent, indiqua Jaï.

— Mon seigneur, vous en êtes sûr ? s'enquit le Majin inquiet, en se rappelant l'épisode douloureux de l'absorption de Korn.

— Oui, vas. Et qu'on ne me dérange pas !

Muun, hésita un instant, puis obtempéra, tandis que la porte se fermait après son passage. Jaï s'installa dans un fauteuil, puis fixa un instant le démon à l'autre bout de la table. Le fait de se retrouver seul dans une même pièce avec un Majin ayant déjà tenté de l'assimiler était quelque peu suicidaire. Jaï le savait parfaitement. Mais a posteri des nombreuses oeillades venimeuses et - ô combien insistantes - que sa cours n'avait cessé de lancer au démon lors de leur première entrevue, le prince jugea qu'il était préférable de rester seul avec lui afin qu'ils puissent discuter sans interruptions et grognements en tous genres.

— Assieds-toi, je t'en prie, suggéra-t-il en désignant un siège situé à sa diagonale.

— Sans façon, je préfère rester debout.

— Comme tu voudras. Si j'ai tenu à poursuivre nos séances, c'est parce que je suis convaincu que tu peux devenir un Gardien respectable, et aussi parce que c'est le maître qui me l'a demandé.

— Pourquoi tu suis ses ordres ? questionna Buu, le ton grave.

— Parce qu'il est mon créateur. Et que même si je suis à la tête de l'empire Majins, je dois tout de même lui obéir. 

— Ça t'es donc égal d'être un pantin. 

— Un pantin ? répéta Jaï incrédule. Ce n'est pas ainsi que je le vois. Ni les autres Djinns du reste. Nous travaillons avec Tayrun depuis des années, il y a aucune forme d'esclavage dans ce qu'il fait.

— Alors, vous êtes encore plus stupides que ce que je pensais. 

— Qu'as-tu exactement contre le maître ? T'aurait-il causé du tort par le passé ?

— Non. Mais il ne vaut pas mieux que mes anciens maîtres. Toujours à donner des ordres à se servir de nous pour leur propre compte.

— Je vois. Donc tu as été abusé par tes anciens maîtres dans ton univers... "voilà qui explique en partie sa tendance à rejeter toute forme d'autorité..." pensa le prince. Je suis sincèrement navré d'apprendre cela. Nul ne devrait être l'esclave d'autrui. Je comprends que tu ne veuilles plus revivre ça, mais le maître n'est...

— Ecoute prince à la noix. Si je me suis débarrassé de mes anciens maîtres, ce n'est pas pour en avoir deux nouveaux dans les pattes. Je veux être libre ! Et maître de moi-même tu piges ? Et ce n'est ni toi ni ce magicien qui allez m'en empêcher !

— Buu, comme le cite un proverbe terrien très célèbre, "la liberté des uns commence là où s'arrête celle des autres." Tu ne peux être libre sans suivre certains codes. Le monde ne peut exister sans lois et jugements. Imagine ce que l'univers serait si tout le monde pouvait faire faire tout ce qu'il voulait et quand il le voulait. Ce serait l'anarchie ! Peu importe où tu iras, il y aura toujours des règles à respecter et tu n'auras nul choix que de t'y plier. Que tu le veuilles ou non. Je pense qu'il est grand temps que tu intègres ce concept.

— Je n'ai pas besoin de quelqu'un pour m'apprendre à vivre. Je fait très bien tout seul !

— Justement c'est la le problème. Malheureusement, tu ne sais pas comment te comporter en société. Mais tu peux l'apprendre. Et je suis là pour t'aider...
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